AG Plouvorn - CA Bastia (1-1, 4-5 t.a.b.). Jacq, un pro chez les amateurs

publié le 17 nov. 2013 à 22:29 par Avant-Garde Plouvorn



Trois ans après avoir claqué la porte du centrede formation de Saint-Etienne et un an et demi après avoir quitté Guingamp, l'arrière droit Thomas Jacq, étincelant contre le CA Bastia, s'épanouit sous le maillotde Plouvorn.


« Un petit mec parfait ». Le compliment vient de Guy Troadec et en dit long sur l'estime que porte l'entraîneur à son joueur. Thomas Jacq aurait pu être pro, il le sera d'ailleurs peut-être un jour, mais le monde amateur est le sien. Il n'y aucun doute là-dessus. « Je ne regrette rien », dit-il d'ailleurs quand il s'agit d'évoquer sa décision de claquer la porte du centre de formation de Saint-Étienne il y a trois ans ou celle de revenir à Plouvorn en début de saison dernière après une année mi-figue mi-raison à Guingamp.

À Guingamp non plus

« Je ne me sentais pas vivre une autre saison comme celle-là, à naviguer entre la CFA où j'étais barré par Sankoh qui a un an de plus que moi et les U19 », explique-t-il sans rancune. « À part Kerbrat, avec qui je faisais la route, les pros qui descendent en B ne te disent même pas bonjour. Samedi, j'ai discuté un quart d'heure avec Cropanese après le match. On avait fait un stage pré-France ensemble à l'âge de 16 ans. Au CA Bastia, il y avait aussi Camara. Je me suis entraîné pendant un an avec lui mais il ne m'a même pas reconnu... » La carrière de Thomas Jacq, parti de la maison à 13 ans et revenu à 17 après trois années de formation à Saint-Étienne, a toujours oscillé entre un monde pro où il ne s'est jamais retrouvé dans les rapports humains et un monde amateur où il vit bien mais ne progresse pas vraiment. « Je ne ferme aucune porte mais j'ai pris du recul par rapport à ça, dit-il, mais je me vois plus désormais dans un club de CFA-CFA2, style Plabennec ou Saint-Brieuc ». En attendant, il est donc revenu à Plouvorn en début de saison dernière où il aimerait bien rester sauf si un boulot de banquier qu'il espère pour l'été prochain le pousse un peu trop loin. « J'ai hésité car Plouvorn descendait en DSE, avoue-t-il. J'avais même quasiment signé à Morlaix en DH. J'étais d'accord avec Laurent David mais pas avec le président », résume-t-il. En fin de saison dernière, il est aussi resté. « En rentrant du dernier match de la saison à Trégunc alors que personne ne savait encore que l'on allait monter, on s'est tous réunis devant l'église du bourg pour savoir qui restait et qui partait. J'ai donné mon accord et, quinze jours après, on a su qu'on remontait en DH ! » Perturbé par des douleurs récurrentes au talon, le début de saison deThomas Jacq n'a pas été génial. Mais, samedi face au CA Bastia, Jacq a été épatant. « C'est le genre de club pro où je pourrais peut-être jouer. Car c'est en fait un vrai club amateur. Les mecs, ils ne se roulent pas par terre au moindre contact... »

« Un Plouvornéen comme un autre »

Aujourd'hui, le match toujours en tête, Thomas Jacq va reprendre sa vie de tous les jours : en BTS banque à Landerneau les lundi et jeudi, en stage dans un établissement de Plouescat le vendredi, avec les U13 du club les mercredi et samedi et avec ses copains de la DH le dimanche. « Il a vécu dans le monde contre lequel on a joué samedi. Pourtant, il a un esprit diamétralement opposé à son cursus. Il n'est pas là pour en mettre plein les yeux, genre sac à roulettes et casque sur les oreilles, dit Guy Troadec. Il joue dans un bourg, dans un petit club de DH avec peu de moyens, et c'est un Plouvornéen comme un autre. En fait, il a gardé le sérieux de Saint-Étienne mais il a l'esprit de Plouvorn ».

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